
La sécurité de votre argent ne dépend pas uniquement de la garantie des dépôts de 100 000 francs – la véritable sécurité réside dans la compréhension de l’ensemble de l’*architecture de sécurité* d’une banque.
- Alors que les banques cantonales offrent souvent une garantie illimitée de l’État, les néobanques sont intégrées au système suisse (esisuisse) via différents modèles.
- Le monde numérique déplace la responsabilité : avec les placements en crypto-actifs, vous choisissez entre le risque de perte de votre clé privée (risque individuel) et la cession du contrôle à une banque (risque systémique).
Recommandation : Ne jugez pas une banque uniquement sur ses frais, mais sur sa licence, le type de garantie des dépôts et la manière dont elle garantit votre souveraineté numérique sur vos données.
L’application de votre néobanque vous promet des taux d’intérêt élevés et aucun frais. Un simple balayage sur l’écran et le virement est effectué. De l’autre côté se dresse la façade massive en pierre de la banque cantonale locale – symbole de stabilité, mais aussi de frais de tenue de compte et de processus lents. En tant que client bancaire en Suisse, vous vous trouvez au cœur de ce dilemme : vous voulez économiser des frais et profiter des avantages du monde numérique, mais une légère méfiance vous taraude. Que se passe-t-il si l’application cesse soudainement de fonctionner ? Qui garantit votre argent s’il n’y a pas d’agence physique où vous pouvez vous rendre ?
Bien sûr, vous avez entendu parler de la garantie des dépôts jusqu’à 100 000 francs. Et oui, la banque cantonale avec sa garantie de l’État ressemble à une forteresse. Pourtant, ces comparaisons superficielles ne font qu’effleurer la transformation de la place financière suisse. La véritable question n’est plus seulement « sûr ou non ? », mais « où se situe le contrôle ? ». Il s’agit d’une nouvelle forme d’autodétermination financière que nous pouvons appeler souveraineté numérique. C’est la capacité de comprendre et de contrôler qui a accès à votre argent, à votre stratégie d’investissement et à vos données.
Cet article est votre boussole dans cette nouvelle jungle financière. Nous examinons la véritable architecture de sécurité en coulisses, de la garantie des dépôts chez les fintechs à la logique des algorithmes d’investissement, en passant par la question délicate des traces de données et le risque irréversible de la perte des clés numériques. À la fin, vous serez en mesure de prendre une décision éclairée, dépassant la simple comparaison des frais pour considérer la sécurité de votre patrimoine de manière globale dans le monde financier suisse moderne.
Pour comprendre ce paysage complexe, nous allons éclairer les différents aspects étape par étape. L’aperçu suivant vous servira de guide à travers les thèmes clés cruciaux pour votre sécurité financière à l’ère numérique.
Sommaire : Votre boussole pour le nouveau monde financier suisse
- Pourquoi mes 100 000 francs sont-ils aussi protégés chez une petite application Fintech ?
- Comment un algorithme investit-il mieux mon argent qu’un banquier privé onéreux ?
- Payer avec son portable ou en espèces : qu’est-ce qui laisse le moins de traces ?
- L’erreur de perdre sa clé privée et d’effacer ainsi son patrimoine de manière irrévocable
- Quand les administrations fiscales ont-elles un accès automatique aux données bancaires en Suisse ?
- Frais de gaz élevés ou blockchain écologique : quelle plateforme les artistes suisses utilisent-ils ?
- Quel est l’impact des hausses des taux directeurs sur mon hypothèque et mon compte d’épargne ?
- Comment acheter mon premier NFT d’un artiste numérique suisse en toute sécurité ?
Pourquoi mes 100 000 francs sont-ils aussi protégés chez une petite application Fintech ?
Oui, vos avoirs jusqu’à 100 000 francs sont également protégés auprès d’une néobanque suisse. La différence cruciale réside toutefois dans la nature et l’étendue de cette protection. Il est faux de croire que toutes les sécurités se valent. L’architecture de sécurité est ici la clé de la compréhension. Alors que les banques traditionnelles et les néobanques disposant de leur propre licence sont directement soumises au système de garantie des dépôts esisuisse, de nombreux prestataires basés sur des applications utilisent une structure de partenariat.
Concrètement, cela signifie que votre argent ne se trouve pas chez l’application, mais auprès d’une banque partenaire établie et entièrement régulée en arrière-plan. Neon, par exemple, opère avec la Banque Hypothécaire de Lenzbourg. Votre compte est donc juridiquement un compte à la « Hypi » Lenzbourg et bénéficie de sa pleine protection. Le bémol : la limite de 100 000 francs s’applique par licence bancaire. Si vous avez déjà un compte auprès de la banque partenaire et un autre auprès de la néobanque, vos avoirs sont additionnés et ne sont sécurisés qu’une seule fois jusqu’à 100 000 francs. Au total, les avoirs protégés de toutes les banques suisses s’élevaient à environ 496,5 milliards de francs au 31.12.2023, ce qui souligne la stabilité du système.
En comparaison directe, on trouve la garantie de l’État de nombreuses banques cantonales. Ici, le canton concerné est responsable de manière illimitée des dépôts. Il s’agit d’un niveau de sécurité supérieur, particulièrement pertinent pour les fortunes dépassant 100 000 francs. Le tableau suivant illustre les différents modèles.
| Type de banque | Exemples | Garantie des dépôts | Particularités |
|---|---|---|---|
| Néobanques avec maison mère | Yuh (Swissquote), Zak (Banque Cler) | 100 000 CHF via la maison mère | Couverture esisuisse totale via la banque mère |
| Néobanques avec banque partenaire | Neon (Banque Hypothécaire de Lenzbourg) | 100 000 CHF via la banque partenaire | La limite s’applique par licence, pas par application |
| Néobanques avec propre licence | Alpian | 100 000 CHF directement | Propre licence FINMA et adhésion à esisuisse |
| Banques cantonales | ZKB, BCB | 100% Garantie de l’État | Garantie illimitée par le canton |
Le choix dépend donc de votre tolérance personnelle au risque et du montant de vos dépôts. Pour l’usage quotidien et les avoirs inférieurs à la limite, les néobanques offrent une alternative rentable et sécurisée par le système suisse. Renoncer à une garantie de l’État est le prix à payer pour des frais moins élevés.
En fin de compte, c’est un choix conscient entre une protection potentiellement plus élevée mais plus coûteuse, et un système standardisé, suffisant pour la plupart des cas et moins onéreux.
Comment un algorithme investit-il mieux mon argent qu’un banquier privé onéreux ?
Un algorithme n’investit pas forcément « mieux » votre argent, mais il le fait de manière prouvée plus systématique, plus disciplinée et surtout moins coûteuse. Le plus grand ennemi de l’investisseur n’est pas le marché, mais sa propre psychologie – l’avidité et la peur. Un banquier privé coûteux est tout aussi exposé à ces émotions que vous. Un robo-advisor, c’est-à-dire un gestionnaire de fortune numérique, suit en revanche sans émotion une stratégie d’investissement prédéfinie et scientifiquement fondée.
La stratégie repose généralement sur le principe de la diversification large via des ETF (Exchange Traded Funds) à bas coûts. Au lieu d’essayer de trouver des « actions gagnantes » individuelles (Stock Picking), ce qui réussit statistiquement rarement, l’algorithme achète tout un panier de titres représentatif d’un marché. Le « rebalancing » (rééquilibrage) est ici crucial : si une classe d’actifs perd de la valeur, l’algorithme en rachète. Si elle monte fortement, il vend une partie des gains et réinvestit dans des classes sous-évaluées. Ce processus se fait automatiquement et sans hésitation – un avantage considérable sur l’action humaine.

L’avantage majeur réside toutefois dans les coûts. Alors qu’une gestion de fortune classique en Suisse peut facilement coûter 1,5% à 2% par an, les coûts totaux d’un robo-advisor suisse se situent typiquement entre 0,39% et 0,70%. Cette différence peut paraître minime, mais sur des années, elle grignote une part considérable de votre rendement grâce à l’effet des intérêts composés. C’est un cas clair de gain de contrôle par la technologie : vous accédez à une stratégie d’investissement disciplinée qui n’était autrefois accessible qu’aux clients très fortunés.
Étude de cas : Finpension Invest – Le robo-advisor suisse le moins cher
Finpension Invest propose des frais de base de 0,39% plus un TER moyen de 0,10%, soit un ratio de frais totaux de seulement 0,49%. L’entreprise permet en outre d’obtenir des rapports DA-1 pour la récupération de l’impôt à la source américain et est le seul robo-advisor suisse à offrir un accès aux marchés privés. Le haut degré de personnalisation et la structure de coûts transparente en font l’option la plus avantageuse du marché suisse.
Vous renoncez à l’échange personnel avec un conseiller bancaire, mais vous gagnez une logique incorruptible travaillant 24h/24 pour optimiser votre portefeuille.
Payer avec son portable ou en espèces : qu’est-ce qui laisse le moins de traces ?
La réponse est sans équivoque : l’argent liquide, nos bons vieux billets, laisse le moins de traces. Chaque transaction numérique, que ce soit avec une carte physique ou un smartphone via TWINT, Apple Pay ou Google Pay, génère un ensemble de données détaillées. Celui-ci contient des informations sur le montant, le moment, le lieu et le commerçant. Ces données sont une mine d’or pour les banques et les prestataires de services de paiement. Elles permettent de créer des profils clients précis et d’analyser vos habitudes de consommation.
Nous touchons ici au paradoxe de la transparence : d’un côté, les applications bancaires vous donnent une vue d’ensemble parfaite de vos dépenses, ce qui facilite la budgétisation. De l’autre, vous payez cette commodité avec vos données. La question est de savoir ce qu’il advient de ces données. Les néobanques suisses sont soumises à la loi stricte sur la protection des données (nLPD), mais les emplacements des serveurs peuvent varier. Si les données se trouvent sur des serveurs à l’étranger, les autorités étrangères pourraient, dans certaines conditions, y accéder plus facilement.
L’inquiétude face au « client de verre » est réelle. Un expert des marchés financiers résume ainsi la réalité technique dans une analyse pour un blog financier suisse :
La nature numérique des données des néobanques et leur stockage potentiel sur des serveurs cloud simplifient techniquement l’accès pour les autorités dans le cadre d’une procédure légale.
– Expert financier, Analyse du blog financier suisse
Il ne s’agit pas de diaboliser les paiements numériques, mais de reprendre le contrôle sur sa propre souveraineté numérique. Cela signifie choisir consciemment quand préférer l’anonymat de l’argent liquide et comment configurer les paramètres de confidentialité de ses applications. Avec les bonnes étapes, vous pouvez minimiser la collecte de données.
Votre plan pour plus de souveraineté des données :
- Vérifiez l’emplacement des serveurs de la néobanque (Suisse vs UE/Étranger) dans leur déclaration de confidentialité.
- Demandez l’accès à vos données selon la nLPD pour voir ce que la banque sait de vous – c’est votre droit légal.
- Désactivez les fonctions de suivi optionnelles et la publicité personnalisée dans les paramètres de l’application.
- Utilisez des espaces séparés ou des sous-comptes pour les dépenses sensibles afin de compliquer la profilisation.
- Demandez régulièrement la suppression des données dont vous n’avez plus besoin dès que les délais de conservation légaux sont expirés.
Au final, c’est un arbitrage : le confort du paiement numérique contre la vie privée de l’argent liquide. Un mélange conscient des deux est souvent la stratégie la plus sage.
L’erreur de perdre sa clé privée et d’effacer ainsi son patrimoine de manière irrévocable
Lorsque nous quittons le monde des banques traditionnelles pour plonger dans les cryptomonnaies, l’équation de sécurité change fondamentalement. Ici, le risque passe d’un risque systémique (faillite bancaire) à un risque individuel : la perte de votre clé privée (Private Key). La clé privée n’est pas comme un mot de passe que l’on peut réinitialiser. Elle EST le patrimoine. Celui qui possède la clé contrôle les jetons. Si vous la perdez, votre patrimoine numérique est perdu à jamais et de manière irrévocable.
Cette perte de contrôle absolue est le plus grand obstacle pour beaucoup de ceux qui souhaitent investir en crypto. On distingue ici deux modèles fondamentaux de garde : la « self-custody » (auto-garde) et la « custodial » (garde déléguée). Dans l’auto-garde (par ex. avec un portefeuille matériel comme Ledger), vous détenez la clé privée. Vous avez le contrôle total et la souveraineté, mais aussi l’intégralité du risque de perte. Dans la garde déléguée, une partie régulée – comme une néobanque suisse ou une banque crypto – assure la garde pour vous. Vous cédez le contrôle de la clé, mais vous éliminez le risque de perte personnelle.

La Suisse, avec sa Crypto Valley à Zoug, s’est imposée comme un lieu de premier plan pour les solutions de garde sécurisées. Des approches innovantes y voient le jour pour résoudre le problème de la gestion des clés privées et jeter un pont entre l’ancien et le nouveau monde financier.
Étude de cas : Crypto Valley Zoug – Solutions suisses pour la garde sécurisée des clés privées
Dans la Crypto Valley de Zoug, des entreprises suisses spécialisées se concentrent sur la conservation sécurisée des clés privées. Elles proposent des solutions multi-signatures (plusieurs clés sont nécessaires pour une transaction) et un stockage physique dans des coffres-forts bancaires de haute sécurité. Des banques suisses régulées comme Swissquote et Yuh assument, en tant que prestataires « custodial », la garde complète pour leurs clients. Cela élimine le risque de perte de clé privée pour l’individu, mais signifie qu’il faut faire confiance à l’architecture de sécurité de la banque.
Pour l’investisseur sceptique, un prestataire suisse « custodial » régulé est souvent le point d’entrée le plus sûr, car il exclut le risque individuel catastrophique de la perte de clé et applique le modèle de confiance bien connu d’une banque.
Quand les administrations fiscales ont-elles un accès automatique aux données bancaires en Suisse ?
Cette question préoccupe beaucoup de Suisses, mais la réponse est claire et n’a pas changé malgré la transformation numérique : dans un avenir prévisible, jamais. Le secret bancaire suisse à l’intérieur du pays est toujours intact. Contrairement à l’échange automatique d’informations (EAR) au niveau international, où les données des comptes à l’étranger sont transmises aux autorités fiscales respectives, les offices fiscaux suisses n’ont toujours pas d’accès automatique aux données bancaires nationales. Il n’existe pas de comptes bancaires « transparents » pour l’administration fiscale locale.
Une autorité fiscale ne peut pas simplement frapper à la porte d’une banque et exiger des informations sur un compte. Pour cela, une demande de renseignement qualifiée dans le cadre d’une procédure officielle est toujours nécessaire. Cela signifie qu’il doit déjà y avoir un soupçon fondé de fraude fiscale pour qu’une autorité puisse agir et exiger un droit de regard. La simple existence d’un compte auprès d’une néobanque ou d’une banque cantonale ne déclenche aucun signalement automatique.
La nature numérique des néobanques ne change rien à ce principe juridique. Même si les données sont numériques et techniquement plus faciles à consulter, les barrières juridiques restent les mêmes. Le mythe selon lequel l’utilisation d’une application bancaire entraîne l’abandon complet de la vie privée financière vis-à-vis de l’État suisse est infondé. L’architecture juridique de sécurité de l’État suisse protège vos données contre tout accès arbitraire, que vous gériez votre compte via une application ou au guichet.
Le message décisif est que l’évolution technologique n’a pas annulé les cadres légaux. Votre droit à la vie privée financière en Suisse est un élément fixe du système et n’est pas automatiquement sapé par la numérisation. Il est important de distinguer les possibilités techniques des réalités juridiques.
Tant que vous déclarez vos impôts correctement, vous n’avez pas à vous soucier d’un accès proactif ou automatique des autorités fiscales à vos comptes – cela vaut pour la banque cantonale tout comme pour Neon ou Yuh.
Frais de gaz élevés ou blockchain écologique : quelle plateforme les artistes suisses utilisent-ils ?
Le choix de la blockchain est pour les artistes numériques suisses une décision stratégique qui dépasse largement les aspects techniques. C’est un exercice d’équilibriste entre accès au marché, coûts et conscience écologique. Le débat tourne principalement autour d’Ethereum, la plateforme la plus grande et la plus connue pour les NFT, et des alternatives plus respectueuses de l’environnement comme Tezos ou Polygon.
Ethereum offre le plus grand marché et la plus grande liquidité. Pour les artistes établis cherchant une visibilité maximale et l’accès aux plus grands collectionneurs, c’est souvent le premier choix. Le prix à payer réside dans les fameux « gas fees » – des frais de transaction qui peuvent exploser en cas de forte utilisation du réseau. Cela rend la création (« minting ») et l’échange de NFT coûteux et souvent inaccessibles pour les artistes émergents.
C’est ici qu’interviennent les blockchains « vertes ». Tezos et Polygon utilisent un mécanisme de consensus « Proof-of-Stake » qui, comparé à l’ancien « Proof-of-Work » d’Ethereum, ne consomme qu’une fraction de l’énergie. De nombreux artistes suisses soucieux de l’environnement et des talents émergents préfèrent ces plateformes. Ils s’adressent ainsi de manière ciblée à un public qui valorise la durabilité. Les plateformes NFT suisses et les galeries à Zurich, Genève et Zoug y répondent avec des offres curatées sur différentes blockchains.
Étude de cas : Places de marché NFT suisses et leurs stratégies blockchain
Les plateformes NFT suisses comme Dloop et les galeries spécialisées proposent des sélections curatées sur diverses blockchains. Alors que les artistes établis restent souvent sur Ethereum (malgré des frais de gaz élevés en raison du marché plus vaste), les artistes numériques suisses soucieux de l’environnement choisissent de plus en plus Tezos ou Polygon. Fait intéressant, le mix électrique suisse, avec sa forte proportion d’énergie hydraulique et nucléaire, relativise quelque peu le débat environnemental pour les artistes locaux, car la consommation d’énergie pour le minting en Suisse présente déjà une intensité en CO2 plus faible que dans les pays à forte proportion de charbon.
L’entrée dans ce monde nécessite quelques étapes techniques. Il faut convertir des francs suisses dans la cryptomonnaie correspondante (ETH pour Ethereum, XTZ pour Tezos), ce qui est possible via des bourses crypto suisses comme Bity ou Swissborg, ou directement dans des néobanques comme Yuh. Ensuite, un portefeuille spécial comme MetaMask pour Ethereum est nécessaire pour agir sur les places de marché NFT.
En fin de compte, il n’y a pas de « meilleure » blockchain – seulement celle qui correspond le mieux à la philosophie, au budget et au public cible de chaque artiste et collectionneur.
Quel est l’impact des hausses des taux directeurs sur mon hypothèque et mon compte d’épargne ?
Les hausses de taux directeurs de la Banque Nationale Suisse (BNS) sont une arme à double tranchant pour les consommateurs. Elles ont un impact direct, mais souvent asymétrique, sur les hypothèques et les comptes d’épargne. Lorsque la BNS relève son taux directeur pour lutter contre l’inflation, les banques répercutent généralement ces coûts plus élevés très rapidement sur les clients hypothécaires. Pour les taux d’épargne, elles prennent cependant souvent beaucoup plus de temps. Ce phénomène est appelé le « ciseau des taux ».
Pour les preneurs d’hypothèques, une hausse des taux signifie potentiellement des coûts mensuels plus élevés. Votre degré d’exposition dépend de votre modèle hypothécaire. Les détenteurs d’une hypothèque SARON ressentent la hausse presque immédiatement, car leur taux est directement lié au taux de référence. Ceux qui ont conclu une hypothèque à taux fixe sont protégés des hausses de taux pendant toute la durée du contrat. Le revers de la médaille est qu’ils ne profitent pas des baisses de taux et acceptent souvent un taux légèrement plus élevé qu’une hypothèque SARON au départ.
Pour les épargnants, les hausses de taux directeurs sont fondamentalement une bonne nouvelle car elles promettent enfin des revenus d’intérêts sur le compte d’épargne après des années de taux nuls ou négatifs. Les banques utilisent toutefois la marge d’intérêt – la différence entre les revenus des crédits (hypothèques) et les dépenses pour les dépôts (intérêts d’épargne) – pour générer des bénéfices. Il n’est pas rare que la différence entre les taux hypothécaires et les taux d’épargne des banques suisses se situe typiquement entre 2 et 5%, illustrant cette marge. Le choix du bon modèle hypothécaire est donc une décision stratégique dépendant de l’appétence personnelle au risque et des attentes futures.
| Type d’hypothèque | Avantages en cas de hausse | Inconvénients en cas de hausse | Adapté pour |
|---|---|---|---|
| Hypothèque SARON | Adaptation flexible, peut profiter des baisses de taux | Charge mensuelle croissante en cas de hausse des taux | Personnes prêtes au risque avec réserves financières |
| Taux fixe 5 ans | Coûts prévisibles, protection contre les hausses | Pas de participation aux baisses de taux | Ménages orientés vers la sécurité |
| Taux fixe 10 ans | Sécurité de planification à long terme | Taux plus élevés que les hypothèques court terme | Propriétaires-occupants à long terme |
Dans un environnement de taux croissants, la planification financière et le choix des bons produits gagnent massivement en importance. Il vaut la peine d’analyser précisément sa propre situation et de se faire conseiller.
L’essentiel en bref
- La sécurité comporte plusieurs niveaux : la garantie des dépôts de 100 000 francs (esisuisse) est la base, mais la garantie de l’État d’une banque cantonale offre une protection supérieure.
- Les placements numériques déplacent la responsabilité : avec les robo-advisors et les banques crypto, vous déléguez le contrôle (à un algorithme ou à un dépositaire), tandis qu’avec l’auto-garde, vous assumez l’intégralité du risque individuel.
- Votre souveraineté numérique est un nouvel actif : le contrôle de vos données financières est tout aussi important que le contrôle de votre argent.
Comment acheter mon premier NFT d’un artiste numérique suisse en toute sécurité ?
L’achat de votre premier NFT d’un artiste suisse est une étape passionnante dans le monde de l’art numérique, mais elle nécessite une préparation minutieuse pour ne pas tomber dans les pièges classiques des débutants. La sécurité ici ne signifie pas seulement protéger votre argent, mais aussi s’assurer que vous achetez une œuvre authentique et que vous gardez un œil sur les aspects juridiques.
La première étape est ce qu’on appelle l' »On-Ramp » – le processus de conversion des francs suisses dans la cryptomonnaie nécessaire à l’achat. Le choix du bon prestataire est crucial pour les coûts et la simplicité du processus. Il existe plusieurs voies éprouvées qui diffèrent par les frais et la manipulation. Vous devriez prévoir des frais entre 0,5% et 2,5% selon le fournisseur et le mode de paiement.
Comparaison On-Ramp : CHF vers Crypto pour les achats NFT
Pour débuter dans les NFT, les francs suisses doivent être convertis en cryptomonnaie. Les options les plus avantageuses et sûres pour les Suisses sont : 1) Les bourses crypto suisses directes comme Bity (frais bas, virement SEPA, haute transparence), 2) Les applications tout-en-un comme Swissborg (Mobile-First, bons taux de change, large choix) ou 3) Les néobanques avec fonction crypto intégrée comme Yuh (manipulation la plus simple, directement intégrée au banking, mais frais souvent un peu plus élevés).
Une fois la cryptomonnaie dans votre portefeuille, il s’agit d’authenticité. N’achetez jamais via un lien inconnu reçu par message direct. Passez toujours par le site officiel de l’artiste ou de la galerie et suivez le lien vers la place de marché NFT (comme OpenSea, Foundation ou une plateforme Tezos) à partir de là. Vérifiez que la collection est marquée comme « vérifiée ». Rejoignez les communautés Discord ou Twitter de l’artiste. Vous y trouverez non seulement les liens officiels, mais aussi la preuve sociale de l’authenticité.
Enfin, l’aspect fiscal : en Suisse, un NFT est un actif patrimonial et doit être déclaré dans la déclaration d’impôts. L’évaluation peut varier selon le canton, il est donc conseillé de documenter proprement toutes les transactions. La sécurité lors de l’achat de NFT est une combinaison de prudence technique, de recherche et de conscience juridique.
Le premier pas dans ce nouveau monde de la finance et de l’art n’est pas l’achat, mais la connaissance. Utilisez ce guide et les concepts qu’il contient pour façonner consciemment votre stratégie financière personnelle à l’ère numérique et prendre des décisions sûres pour votre patrimoine.
Questions fréquentes sur la transformation de la place financière suisse
Quelle est la différence entre ‘self-custody’ et ‘custodial’ chez les prestataires suisses ?
En ‘self-custody’ (par ex. avec un portefeuille Ledger), vous gérez vous-même intégralement la clé privée et assumez tout le risque de perte. Avec les solutions ‘custodial’ (par ex. Yuh, Swissquote), la banque régulée assure la garde de la clé pour vous. Vous cédez le contrôle direct mais éliminez le risque de perte personnelle.
Comment puis-je sécuriser mes actifs crypto pour mes héritiers ?
Plusieurs stratégies existent : créez un testament notarié avec des instructions claires sur l’accès à vos portefeuilles. Utilisez des portefeuilles multi-signatures où plusieurs parties (par ex. héritiers, avocat) doivent confirmer une transaction. Le plus simple est de choisir une banque suisse régulée comme dépositaire ‘custodial’, car le patrimoine intègre alors le processus successoral classique.
Mes cryptos auprès des banques suisses sont-elles protégées par la garantie des dépôts ?
Non, les cryptomonnaies comme Bitcoin ou Ethereum ne tombent explicitement pas sous la garantie des dépôts esisuisse de 100 000 francs. Elles sont toutefois considérées comme des actifs séparés (Sondervermögen). Cela signifie qu’en cas de faillite de la banque, les actifs crypto ne font pas partie de la masse en faillite, mais restent votre propriété et vous sont restitués.
Dois-je payer des impôts sur mes NFT en Suisse ?
Oui. Les NFT sont considérés comme des actifs patrimoniaux et doivent être déclarés dans l’état des titres de la déclaration d’impôts. L’évaluation peut être traitée différemment selon le canton (par ex. au prix d’achat ou à la valeur marchande à la fin de l’année). Les gains issus de la vente de NFT sont généralement exonérés d’impôts pour les particuliers, tant qu’il ne s’agit pas d’une activité lucrative indépendante. Il est conseillé de documenter sans lacunes toutes les transactions.